Ségolène

 

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Désirs d'Avenir Béziers

Coordination : Christelle Pasturel



Blog DA : Christelle Pasturel

Les comités

DA Agde : Claude Marais

DA Marseillan : René Angel, Gérard Gaches

DA Mèze : Frédéric Bailly

DA Montpellier : Daniel Simon, Adel Kaouss, Anouk

DA Sète : Sébastien Denaja

Tu souhaites un monde meilleur, plus égalitaire, plus juste, 
où Fraternité rime avec Liberté, emploi avec joie,
alors adhères à l'association Désirs d'Avenir et rapproche-toi du
 comité local
de Béziers si tu résides dans cette ville ou aux alentours.

Les réunions thématiques mensuelles se déroulent sur le même principe que les UPP organisée par Ségolène,
mais à une échelle plus petite bien évidemment.
Suite à la présentation de quelques pistes de l'intervenant, le débat est ouvert.
Travail, confiance et sérennité sont toujours au menu du jour.

Soyons unis car seul le travail collectif sera porteur de réussite et victoire à venir.
Rassemblons toutes les forces de gauche et ouvrons-nous au Modem.
Ainsi 2012 verra un nouveau jour se lever...

...et  2012, c'est demain alors au travail camarades !

 

Jeudi 22 octobre 2009

Nos amis du PASOK viennent de remporter une belle victoire aux élections législatives grecques, sous la conduite de Georges Papandréou. Le nouveau Premier Ministre a, à plusieurs reprises, accueilli Ségolène Royal en Grèce lors de rencontres de haut niveau mêlant des responsables politiques du monde entier et des chercheurs. En ces occasions,
Ségolène Royal a notamment exposé ses conceptions concernant le rôle des socialistes dans un monde dont le modèle de développement a failli, la tâche historique qui devrait être celle de l'Europe dans ce contexte, l'apport d'une démocratie authentiquement et radicalement participative dans une perspective d'intervention des citoyens dans les décisions qui les concernent et d'efficacité des politiques publiques.


Le PASOK lui a demandé un court texte montrant, à travers un exemple concret, ce que peut l'action politique pour inverser la fatalité et anticiper l'avenir. Cette contribution sera publiée, avec d'autres exemples venant d'autres pays, dans un numéro spécial du grand quotidien TO VIMA, tiré à 400.000 exemplaires et conçu avec Republic, le think thank du Parti socialiste grec. Cette édition exceptionnelle vise à nourrir un large débat citoyen dont le nouveau gouvernement de gauche compte s'inspirer pour enrichir ses orientations.

Ségolène Royal a fait le choix d'évoquer le cas précis de la voiture électrique lancée en Poitou-Charentes et de la reconversion de l'entreprise Heuliez:


"Les crises témoignent d'un monde qui n'est plus et annoncent un monde qui n'est pas encore. Tel est le moment historique. L'étroite interdépendance de ce que, par facilité de langage ou paresse de pensée, on nomme communément « les crises » (financière, économique, sociale, écologique, alimentaire, démocratique...) et l'impossibilité de les traiter l'une sans l'autre montrent qu'à un modèle globalement à bout de souffle et facteur d'insécurités multiples, la gauche du 21ème siècle doit opposer ce que le sociologue Edgar Morin appelle une « politique de civilisation ».


Dans cette perspective, c'est de front que doivent être relevés les différents défis qu'une vieille pensée de la société et du progrès cloisonnait à l'excès.
Un exemple : le défi écologique. Impossible d'accomplir cette révolution écologique dont nous savons l'urgence en la cantonnant à une approche artificiellement sectorielle. Une autre conception du développement et une réelle efficacité de la protection de notre environnement, cela veut dire une reconversion radicale de nos économies, des politiques industrielles anticipatrices, un investissement massif dans la recherche et la formation pour stimuler la création d'activités et de manières de produire inédites. Cela veut dire en même temps un enrichissement de notre conception de la justice sociale au-delà la redistribution après coup, certes nécessaire : c'est aussi en amont que des politiques d'égalité réelle doivent intégrer la dimension écologique, avec l'accessibilité des transports publics, la qualité de l'habitat social, l'abaissement des factures des ménages populaires par les énergies renouvelables, la lutte pour la santé au travail industriel et agricole, la réinvention des solidarités Nord-Sud, etc.


Quand j'ai décidé, devant l'indifférence des constructeurs automobiles français, de lancer dans la Région que je préside un appel à projets pour la fabrication d'une voiture électrique bon marché, je l'ai fait pour un faisceau de raisons. Ecologiques : un véhicule affranchi du pétrole et non polluant. Economiques : encourager des entreprises innovantes et reconvertir un équipementier automobile, détenteur d'un solide savoir-faire, qui risquait de disparaître parce que ses donneurs d'ordres l'avaient lâché et que le fatalisme des notables le condamnait. Sociales : transformer des centaines d'emplois menacés en emplois d'avenir et mettre à la portée de tous une voiture à faible coût. Fiscales : favorable à une fiscalité écologique efficace et socialement juste, je me suis opposée à la taxe carbone telle que le gouvernement Sarkozy l'a décidée car, sans voitures électriques à bas prix aujourd'hui disponibles ni transports collectifs adaptés aux milieux péri-urbains et ruraux, où est la liberté de choisir un autre mode de transport que sa voiture individuelle à essence et, pour les familles populaires, d'être écologiquement responsables ?


J'ai voulu que la Région solidifie conjointement l'offre et la demande de véhicules électriques. Avec un coup d'avance, nous avons mobilisé les entreprises sur un projet novateur. Nous sommes entrés au capital de cet équipementier à hauteur de 5 millions d'euros (une première en France !) pour favoriser l'implication de repreneurs privés et obliger l'Etat à faire son devoir en mobilisant son Fonds d'investissement stratégique théoriquement créé pour stimuler la relance. Nous avons pris en charge la sécurisation des parcours professionnels des salariés (formation et garantie de ressources) dans le temps de latence entre la disparition des anciens emplois et la création des nouveaux. En parallèle, nous agissons sur la demande en mobilisant entreprises et collectivités territoriales pour qu'elles achètent ces véhicules électriques et en créant une aide à l'achat pour les particuliers.


Cette implication n'est en rien un retour à « l'économie administrée » de jadis, quand l'Etat se piquait de jouer directement les entrepreneurs. Ce modeste exemple illustre ce que je crois devoir être le nouveau volontarisme de la puissance publique, à l'opposé du pseudo-volontarisme surjoué mais sans résultats de la droite sarkozyste :  répondre aux difficultés d'ici et maintenant en imaginant l'avenir et faire le choix de politiques multidimensionnelles où la justice sociale, toujours, est la condition de l'efficacité économique, écologique et démocratique."


Ségolène ROYAL
Présidente de la Région Poitou-Charentes
Présidente de Désirs d'Avenir
ancienne Ministre


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Jeudi 22 octobre 2009

Conférence de presse de Ségolène Royal sur le festival « Filmer le travail »

Lundi 19 octobre

Mesdames, Messieurs, chers amis,

 Je suis très heureuse de vous présenter aujourd'hui, avec ses organisateurs et tous ses partenaires, le premier Festival « Filmer le travail » dont la Région Poitou-Charentes est co-organisatrice. Il se déroulera du 3 au 8 novembre en divers lieux de Poitiers, dont la Maison de la Région. J'espère que ses projections, ses débats, ses expositions et toutes ses animations intéresseront un très large public car cette programmation de haute qualité, avec ses séances à 3 euros et ses conférences gratuites, est destinée à tous les citoyens.
 

Cocteau disait que le cinéma est « cette écriture moderne dont l'encre est la lumière ». Ce festival cinématographique éclaire de nombreuses facettes du travail contemporain et ses métamorphoses au cours des dernières décennies.

Sa sélection exceptionnelle d'oeuvres documentaires et de fiction évoque

les souffrances et les espérances liées au travail,

ses humiliations et ses fiertés,

ses formes nouvelles d'exploitation et d'aliénation

mais aussi ses luttes pour la dignité,

ses solitudes

mais aussi ses solidarités qui font entrevoir d'autres possibles

et, parfois, en montrent concrètement le chemin.

Comme ces ouvrières de Lip jadis filmées par Cinélutte.

Comme ces mineurs du Pays de Galles dont l'épopée est retracée 20 ans plus tard dans « Charbons Ardents ».

Comme aussi ces salarié(e)s de la CEPAM, dont je salue les représentants ici présents : ils et elles ont repris leur entreprise sous la forme d'une coopérative ouvrière de production. La Région est fière de les avoir aidés à sauver leurs savoir-faire et leurs emplois à Mauzé sur le Mignon, en prouvant qu'il est possible de travailler autrement et de s'affranchir de la financiarisation à outrance de l'économie.

 D'un film à l'autre,

d'un récit à l'autre,

d'un témoignage à l'autre,

d'un style à l'autre,

vous ferez connaissance avec de multiples visages du travail :

dockers, caissières, cheminots, « femmes de l'aube et du balai » qui nettoient les tours et les bureaux, domestiques parfois réduites à un moderne esclavage, cadres écoeurés par un management qui prétend « gérer des objectifs, pas des personnes », infirmières en milieu rural et bien d'autres.

Ceux qui aiment leur métier et l'exercent avec joie.

 Ceux aussi, salariés poussés à bout, qui n'y trouvent plus de sens et pourraient le dire à la manière de cette chanson triste de Miossec, « Les Chiens de paille » : « je n'en peux plus de cette vie-là, je craquerai avant la fin du mois ».

Vous y verrez comment l'industrie nucléaire externalise ses risques chez les sous-traitants.

Comment la précarité et la flexibilité bouleversent les cultures et les identités professionnelles.

Comment une industrie traditionnelle se lance dans une mondialisation incertaine.

Comment aussi des hommes et des femmes s'efforcent de résister à tout ce qui grignote et disqualifie leur honneur professionnel.

Comment des luttes collectives font obstacle à l'individualisation forcenée des relations de travail et s'opposent à des privatisations brutales, à l'insécurisation généralisée, à une organisation du travail pathogène.

 Vous y verrez la lucidité des salarié(e)s, leur colère et leur humour, leurs résistances et la dignité opiniâtre d'un monde du travail multiforme s'incarnant dans des histoires de vie toujours filmés avec respect, talent et empathie.

Ce festival imaginé en Poitou-Charentes est une première en France et je suis heureuse qu'une fois encore, notre Région innove.

 

 Parmi les nombreuses raisons qui nous ont poussés à en être partie prenante, permettez-moi d'en évoquer trois.
 
La première raison tient à l'importance du sujet – le travail dans tous ses états – qui correspond à un axe fort de mobilisation de la Région Poitou-Charentes à travers ses politiques de santé, de formation, d'accompagnement des salariés et des entreprises. Dès le début de la mandature, nous avons voulu prendre à bras le corps les questions de santé au travail et d'amélioration des conditions de travail. Françoise Mesnard, Vice-Présidente du Conseil Régional et médecin du travail ici présente, s'y est beaucoup impliquée.

Les orientations que nous mettons en oeuvre dans ce domaine, en liaison avec les organisations syndicales et les entreprises, en partenariat notamment avec l'Agence Régionale des Conditions de Travail et en nous appuyant sur un réseau de médecins du travail que nous avons constitué à l'échelle régionale (idée reprise depuis par d'autres Régions), nous les avons élaborées, précisées et enrichies grâce à l'organisation de deux forums régionaux Santé et Travail.

Le premier nous a permis de procéder à un état des lieux précis dont deux thèmes prioritaires ont émergé : le développement inquiétant des troubles musculo-squelettiques et la croissance alarmante de la souffrance psychique, conséquences directes de l'organisation dominante du travail et de l'insécurisation de l'emploi.

Le second nous a permis de mettre l'accent sur des actions concrètes dans lesquelles le renforcement du dialogue social est déterminant ainsi que la gestion prévisionnelle des compétences et des emplois, de sorte que les innovations technologiques soient des occasions de progrès et non de régression sociale.

Nous avons fait d'une approche collective de la prévention des maladies et des accidents professionnels – domaine dans lequel la France, qui bat tous les records de productivité individuelle, reste la lanterne rouge des pays développés – un axe fort de nos politiques en direction des entreprises.

Nous nous sommes également fixés un objectif ambitieux de Région « zéro pesticides » compte tenu de leurs dangers pour la santé des agriculteurs et des habitants. Je ne vais naturellement pas détailler ici toutes nos initiatives mais je les évoque pour vous dire à quel point les thèmes du festival « Filmer le travail » nous tiennent à coeur et nous mobilisent.

 La deuxième raison qui a fortement milité pour l'implication de la Région dans cette belle manifestation, c'est l'importance que nous attachons à la mémoire industrielle et ouvrière du Poitou-Charentes.

Nous avons été, en 2007, la première Région à achever l'inventaire de notre patrimoine industriel et à mettre ce bien commun en partage, à travers des publications et sur Internet, offrant à toutes les curiosités la documentation ainsi amassée et les réflexions des chercheurs à son propos. Ce travail rendait justice aux hommes et aux femmes qui furent les acteurs de cette histoire industrielle, à leurs savoir-faire, à leur fierté professionnelle et à leurs luttes.

Nous avons voulu le prolonger par un inventaire des mémoires ouvrières, recueillies sous forme orale, écrite, filmée, afin d'en permettre, là aussi, la transmission à tous. Cette opération de grande envergure, à laquelle l'Espace Mendès France est associé, commence cette année avec la collecte des témoignages relatifs à la fermeture de la Manufacture d'armes de Châtellerault et à la vie des manuchards.

Mémoires d'hier, histoires d'aujourd'hui, tout se tient pour mieux comprendre ce qui a changé et ce qu'il reste à inventer. Car s'il est vrai, comme dit Aragon, que « c'est par le travail que l'homme se transforme », il est également vrai que la volonté humaine peut transformer le travail en une coopération créatrice de richesses, de sens et de valeurs, dans laquelle chacun et chacune puisse enfin s'accomplir.

 

La troisième raison qui a motivé l'engagement de la Région dans ce festival inédit, c'est l'originalité de sa démarche qui recoupe, elle aussi, des convictions qui sont les nôtres : permettre la rencontre de professionnels de l'image (cinéastes et photographes), de scientifiques de différentes disciplines (sociologues, historiens, économistes, anthropologues, ergonomes...) et d'acteurs du monde du travail, comme en témoigne la présence ici de délégués des salariés de New Fabris à Châtellerault, de la CEPAM et de Qualiphone, le centre d'appel de Jaunay Clan ainsi que de représentants des unions départementales et régionales des syndicats.

Tous et toutes ont des choses à dire et à partager sur ce qu'il en est du travail et de ses mutations, sur les manières d'en rendre compte et les images qui en témoignent. L'importance reconnue aux réalités vécues par les salariés et à leurs réflexions, la fécondité d'une approche scientifique décloisonnée et transdisciplinaire, ce parti-pris de croiser les regards, de mutualiser les questions posées par le travail et sa mise en récit, l'invitation des citoyens à prendre part à un débat public et démocratique sur une question aussi vitale et structurante que le travail, voilà aussi qui justifie amplement notre participation et sa traduction financière (89.000 euros) au titre du soutien que nous apportons au cinéma, à la recherche, à la mise à disposition de tous des connaissances et des oeuvres ainsi qu'au renforcement du dialogue social et du débat citoyen.

Depuis sa naissance, le cinéma a partie liée avec le travail. Que montre le premier film des frères Lumière, réalisé en 1895 ? Une sortie d'usine à Lyon. Il en existe trois versions dont deux auraient été tournées un dimanche, jour où les ouvriers et les ouvrières ne travaillaient pas et s'habillaient, pour aller à la messe, mieux que d'ordinaire. Ce petit film aurait donc pris avec la réalité du travail quelques libertés qui renvoient à des questions très actuelles sur les relations de la véracité et de la mise en scène dans le documentaire, oeuvre forcément construite mais où la légitime singularité du regard de l'auteur doit toutefois s'inscrire dans le respect de certaines règles éthiques. Vaste débat dont je ne doute pas qu'il sera aussi question durant cette semaine consacrée au travail tel qu'on le vit, le pense et le filme.
 
Le travail porte aujourd'hui tous les stigmates d'un modèle déshumanisant de développement et de management dont nous voyons à quel point, de la crise financière aux suicides de salariés broyés par la course exclusive à la rentabilité à court terme, il peut être individuellement destructeur et collectivement dangereux. Il est, bien sûr, des entreprises et des métiers où il fait bon travailler. Mais aussi beaucoup d'autres où règnent la brutalité des relations hiérarchiques et la démesure des exigences sans contreparties ni reconnaissance.

Je crois, moi, que le travail pensé autrement, organisé autrement et fondé sur d'autres valeurs peut être l'un des piliers de cette nouvelle « politique de civilisation » chère à Edgar Morin, que je me réjouis d'accueillir, avec Marceline Loridan, le 3 novembre prochain. Cette politique de civilisation, nous en avons débattu à Poitiers il y a une quinzaine de jours lors d'une passionnante Université internationale créée à son initiative. Je crois qu'elle doit être notre nouvelle frontière planétaire. J'ai pris l'engagement d'en relever les défis ici et maintenant, en Poitou-Charentes. Le cinéma nous y aide car il s'occupe, comme le disait Antonin Artaud, de « la peau humaine des choses », aiguisant nos sensibilités, enhardissant nos imaginations, fortifiant nos révoltes et, avec elles, nos raisons d'espérer et de vouloir qu'un autre monde du travail soit possible.


Je vous remercie et vous donne rendez-vous dans quinze jours pour ce festival qui décernera également, lors de sa soirée de clôture, cinq prix parmi les dix-huit documentaires en compétition.

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Lundi 19 octobre 2009

Mardi 20 octobre 2009 à 20h35 sur France 2
l'émission "Un jour un destin" est consacrée à Ségolène ROYAL

 
Voir la bande annonce en cliquant sur le lien ci-dessous:

 
http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/le-blog/segolene-royal-un-jour-un-destin/18-10-2009


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Dimanche 18 octobre 2009

Cher(e)s camarades, cher(e)s ami(e)s,

La prochaine réunion Désirs d'Avenir Béziers aura lieu mercredi 21 octobre à 19h au Royal ( 46 avecnue Gambetta ). Elle fera l'objet d'un débat sur le thème de l'écologie.


 

Quel est l'enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique ?

 

Mercredi 21 octobre à 19h au Royal


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Dimanche 18 octobre 2009

Il existe une France qui n'hérite aucun poste de ses parents et aucun privilège de sa naissance, une France qui se lève tôt sans gagner plus, travaille beaucoup et dépense moins. Il existe une France qui croit au partage, à l'école républicaine et au respect dû à chacun, une France qui ne se reconnaît pas dans le mépris des salariés et la traque des immigrés, une France qui n'oppose pas la liberté et l'égalité, une France qui se bat pour le maintien et la qualité des services publics en milieu rural et dans les quartiers populaires. Il existe une France qui croit que chacun doit avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs.

 

Oui, il existe une France qui ne fait pas de la couleur de peau une injure ou de l'adresse une marque d'infamie. Une France qui n'accepte plus le regard que les medias portent sur elle, ce ton tantôt brutal tantôt paternaliste qu'on emploie pour lui parler, le silence qui entoure ses efforts au quotidien alors que le vacarme répercute à l'infini le superflu et l'accessoire pour faire diversion. Il existe une France qui se parle et s'entraide, s'écoute et dialogue dans les quartiers et les campagnes, cherche ensemble des solutions. Une France qui réfléchit, innove, rêve à demain en retroussant ses manches.

 

Oui, elle existe, cette France de la fraternité. Nous la vivons, nous, au quotidien, à la base, dans ce pays qui portait les espoirs de nos parents venus du Maroc et qu'ils nous ont appris à respecter, avec ces valeurs qu'ils nous ont transmises et qui nous ont permis de passer entre les gouttes acides de la violence et du désespoir.

 

Ces valeurs largement partagées et notre foi exigeante en la République, nous les transmettons depuis bien des années, d'abord à travers notre engagement associatif dans le quartier de La Paillade à Montpellier et le pays ariégeois, puis dans le monde politique. Nous avons rejoint la campagne de Ségolène Royal en 2007 parce qu'elle portait haut et fort les valeurs de cette France métissée dont nous sommes fiers. Nous avions alors lancé l'Appel des Quartiers dont Cités d'Avenir est aujourd'hui le prolongement.

 

Oui, nous sommes fiers d'être à ses côtés de jeunes élus fils d'ouvriers, Français à part entière et non sempiternellement « issus de l'immigration » (1ére, 2ème, 3ème génération... jusqu'à quand ce renvoi à la seule origine ?), des élus engagés, volontaires, sincères dont le jugement compte autant que celui de responsables plus capés.

 

Ségolène Royal a proposé que l'un d'entre nous, Kamel Chibli, entre au Bureau national du Parti Socialiste mais il semble que la porte de Solférino reste obstinément close et le « renouvellement par la preuve » pas de saison. Nous croyons, nous, à la parole politique, à la force des mots simples et justes qui touchent les coeurs, redonnent l'espoir et l'envie d'avancer, à la conformité nécessaire des actes et des promesses, loin des petits arrangements d'arrière-salle et des calculs d'appareil. Il n'y avait, dans cette proposition, aucun machiavélisme mais une grande cohérence.

 

Cela a, semble-t-il, échappé au petit cercle des commentateurs et des acteurs de la vie politique qui, se croyant perspicaces, prennent tout par le petit bout de la lorgnette, s'intoxiquant mutuellement sous le sceau des fausses confidences et des dîners en ville. Voilà comment la défection d'untel ou la mise à l'écart d'un autre deviennent une soit-disant traversée du désert voire une descente aux enfers ! Voilà comment le commentaire des petites phrases tient lieu d'analyse politique et comment 3.500 personnes mobilisées à Montpellier sont ignorées car cela contredit le récit d'un petit monde très parisien.

 

Oui, nous avons été blessés par le traitement médiatique et politique de la Fête de la Fraternité que nous avons organisée à Montpellier, le 19 septembre dernier. Blessés de voir le fossé entre ce que nous avons vécu et les commentaires qui ont suivi, sous la plume notamment de ceux qui n'y étaient pas. Blessés qu'on préfère s'intéresser à quelques absents plutôt qu'à tous ceux que rassemblait ce jour-là la conviction qu'une France nouvelle est possible et que Ségolène Royal en porte les valeurs. Oui, nous avons été choqués que pas un mot ne soit dit de nos débats sur l'éducation, sur la fraternité, et guère plus du solide discours politique de Ségolène Royal, de ses propositions pour sortir de la crise et redresser le pays. Blessés de cette morgue narcissique mais renforcés par cette journée formidable que nous sommes fiers d'avoir réussie. Elle a décuplé notre envie de persévérer, de persister et de signer, tête haute et plus que jamais aux côtés de celle qui a su regagner la confiance du peuple. Car le peuple, n'en déplaise à ceux qui le voient de très loin, ce n'est pas un gros mot. Et parler au peuple, ce n'est pas être populiste, c'est redonner à la République son centre de gravité.

 

Alors oui, nous le signons à nouveau ce pacte de fraternité autour de Ségolène Royal et de Désirs d'Avenir. Nous y mettons tout ce que nous sommes : notre histoire, le trajet de nos parents, notre volonté d'associer les habitants des quartiers à cette « révolution douce » qui ne se fera pas sans eux, notre espoir et notre détermination.

 

Et nous appelons à nous rejoindre dans ce fraternel combat toutes celles et tous ceux qui n'en peuvent plus et n'en veulent plus des dégâts de la droite sarkozyste, de l'impasse et des divisions où elle entraîne le pays, de ses mensonges et de ses passe-droits quotidiens, de son incompétence au bout du compte.

 

Beaucoup, aujourd'hui, ne croient plus un mot de ce que disent les politiques, de quelque bord qu'ils soient, et éprouvent un terrible sentiment de fatalité parce que la vie est de plus en plus difficile et parce que l'avenir semble désespérément bouché. Beaucoup, aussi, se détournent de notre parti parce qu'ils sont lassés de le voir prisonnier de ses querelles internes, obsédé de son pouvoir d'empêchement et oublieux de son devoir d'impulsion.

 

Au poison du seul contre tous et du repli sur soi nous voulons opposer le contre-poison d'une fraternité en actes. Au sarkozysme destructeur des services publics et protecteur des privilèges, incapable d'anticiper, d'accompagner, de protéger efficacement, nous voulons opposer un large mouvement populaire, citoyen, imaginatif et chaleureux, capable non seulement de s'opposer mais de proposer et d'ouvrir à la France un avenir partagé.

 

La droite sarkozyste est minoritaire dans le pays et, dans nos quartiers, le rejet est encore plus massif. Alors n'hésitons pas : mettons nos intelligences et nos espérances en commun. Joignons sans exclusive les forces de toutes celles et tous ceux qui ont en commun ces valeurs de respect, de démocratie et de justice sociale auxquelles nous sommes nombreux à croire. Et commençons par les mettre en pratique ici et maintenant dans un mouvement fraternel qui libère les énergies du pays et apporte des réponses concrètes, collectivement réfléchies, aux attentes populaires et aux difficultés vécues par les Français. 2012, c'est demain. Et ça commence aujourd'hui. Cette France réconciliée avec elle-même et avec l'action politique, forte des apports de chacun, nous la savons possible. Cette France nouvelle, bâtissons-la avec passion, sans nous préoccuper d'autre chose que d'aller de l'avant et de tenir parole.

Par Brahim Abbou et Kamel Chibli, confondateurs de Cité d'avenir et organisateur de la fête de la Fraternité.

http://www.mediapart.fr//club/edition/les-invites-de-mediapart/article/171009/la-france-nouvelle


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FRA-TER-NI-TE

C'était à la fête de la Fraternité 2009

Texte Libre

Si la gauche veut des idées

 
Voici un ouvrage original par son propos comme par sa facture. Le grand sociologue Alain Touraine propose une grille de lecture de la société française, à laquelle la responsable politique réplique, thème par thème, discutant la pertinence de l'analyse et en tirant des conclusions politiques. Ces « rencontres » intellectuelles, ce va-et-vient, par courts chapitres où alternent les textes de chaque co-auteur, entre l'approche théorique des bouleversements engendrés par la mondialisation et la traduction pratique, concrète, tangible, dans la sphère politique, nourrissent un ouvrage de fond qui apporte, une fois n'est pas coutume, une véritable valeur-ajoutée à l'intelligence de la nouvelle France.

Alain Touraine, sociologue, est connu et traduit dans le monde entier. Ses premiers travaux ont porté sur l’évolution du travail dans les usines Renault.

 
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